• Les océans et les arctiques

    Voici les repères actuels et prouvés pour les océans :

    Le réchauffement climatique a pour conséquence un ralentissement des courants océaniques majeurs, comme le Gulf Stream. La question est désormais de savoir si ces courants risquent de ne plus pouvoir exister, ce qui serait dramatique, notamment en Europe.

    L'acidification des océans est ostensible, de même que l'asphyxie du milieu marin (les océans ont moins d'oxygène), cela provoque des désastres dans la flore et la faune aquatique. Dans certaines régions, entre -150 et -600 m , les eaux deviennent même hypoxiques pour la plupart des animaux marins, soit impropre à la vie. Vous avez déjà entendu parlé des rivières ou des lacs qui connaissent ce problème, par grands vents ou fortes pluies ou pollution, désormais les océans sont logés à la même enseigne.

    La montée du niveau de la mer

    La montée du niveau des océans est avérée, et est même probablement sous-estimé (le dernier rapport du GIEC parle d'une hausse comprise entre 18 et 59 cm). L'augmentation du volume de l'eau due à son réchauffement (dilatation thermique), et l'ajout d'eau supplémentaire provenant de la fonte des calottes glaciaires continentales. Le niveau des océans est mesuré depuis deux à trois siècles par des instruments appelés marégraphes. Depuis 1992, les scientifiques disposent également de mesures depuis l'espace grâce aux satellites comme Topex-Poseidon ou Jason. Ces observations montrent que le niveau des océans s'est élevé de 12 à 22 cm au cours du XXe siècle. Cette élévation s'est accélérée durant la seconde moitié du 20ème siècle, puisque le niveau moyen de la mer a crû de l'ordre de 1,8 mm (entre 1,3 à 2,3 mm) par an de 1961 à 1993, et encore plus rapidement de 1993 à 2003, l'élévation étant de l'ordre de 3,1 mm (entre 2,4 à 3,8 mm) par an.

    La fonte des banquises

    On vient récemment de mettre en évidence qu'une fonte de la banquise de l'arctique avait déjà eu lieu par la passé et qu'elle s'était passé de manière rapide, bien plus rapide que ce que l'on prévoit aujourd'hui. Lors de ces études, on a pu d'ailleurs percevoir que le Groenland résiste mieux à une hausse de la température, que la région des Laurentides (Nord du Canada), qui se trouve juste à côté.Toutefois, si le permafrost est atteint, la hausse du niveau de la mer sera d'autant plus grande, de même que l'amplification du réchauffement climatique, vu la libération de méthane.

    En effet, la banquise contient énormément de gaz carbonique et de méthane, retenus depuis des millénaires dans la glace. Le réchauffement climatique réduit la surface de la banquise : le permafrost et le pergélisol, qui sont les sols et sous-sols perpétuellement gelés de la zone arctique voient leur englacement diminuer considérablement.

    Il y a 750 millions d'années, la Terre était intégralement recouverte de glace. Une augmentation assez soudaine des températures aurait fait fondre en grande quantité ces glaces, laissant ainsi s'échapper ces deux puissants gaz à effet de serre, qui à l'époque auraient contribué massivement à l'évolution brutale du climat.

    La fonte de la banquise arctique provoque également la modification de l'indice de réflexivité de la Terre : l'arctique absorbe plus de rayonnements lumineux, donc plus de chaleur. La banquise fond donc de plus en plus vite, puisque les eaux sont de plus en plus chaudes. voilà pourquoi en moyenne sur l'Arctique, la température a augmenté deux fois plus vite que sur le reste de la planète.

    Mais ce n'est pas tout ! "Lorsque le pergélisol, riche en biomasse, commence à dégeler, l'activité microbienne démarre" explique Gerhard Krinner, du laboratoire de glaciologie et de géophysique de l'environnement, selon des propos publiés par Le Monde (20 juin 2008). "Or ce métabolisme développe de la chaleur qui, elle-même, accélère le réchauffement du sol et ainsi la décomposition de la biomasse, et donc l'émission de dioxyde de carbone ou de méthane", précise-t-il.

    Le pergélisol stockerait près de quatre fois le carbone contenu dans l'ensemble des réserves de pétrole, et pourrait être libéré en totalité en l'espace de 50 à 100 ans.

    L'été 2007, entre le mois d'août et le mois d'octobre, l'englacement de l'océan arctique a été de 40 % moindre que durant les années 80. Les températures mesurées dans les terres pendant cette période ont été de 2°C supérieures aux moyennes relevées ces 10 dernières années. Et l'on pense que cela sera encore pire en 2008.

    La surface occupée par la banquise arctique dans les années 1970 représentait 8 millions de km2. en 2008, elle représente seulement 4 millions de km². Olav Orheim, à l'occasion d'une conférence consacrée à l'Arctique et qui s'est déroulée au Palais de la Découverte de Paris, le vendredi 17 octobre 2008, l'a encore signalé.

    Ce même scientifique norvégien s'est plus particulièrement penché sur le cas du Svalbard, l'une des régions les plus au nord de la planète. Plus connu sous le nom de Spitzberg, le Svalbard se situe en effet à seulement 1.300km du pôle et les 2/3 de son territoire sont recouverts de glaciers. Or, explique Olav Orheim, malgré sa position géographique privilégiée, cette région dont le climat était jusqu'ici arctique, connaît de premiers signes de réchauffement. C'est ce que prouve par exemple, l'apparition récente sur son territoire de nouvelles espèces venues du sud.


    Les glaciers

    Entre 1996 et 2005, les glaciers ont, selon un dernier rapport de l’ONU, perdu en moyenne l'équivalent en masse d'un mètre d'épaisseur d'eau, ce qui représente le double de la fonte observée durant la période 1986-1995, et plus de quatre fois la masse perdue entre 1976 et 1985. Les rares périodes de gains de masse se trouvent dans les Alpes à la fin des années 1970 et au début des années 1980 dans les zones côtières de la Scandinavie et dans les années 1990 en Nouvelle-Zélande. Les glaciers du monde entier auront tous disparu d’ici 2100. C’est ce que révèle ce rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), publié début septembre 2008.

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    Llewellyn Profil de Llewellyn
    Lundi 17 Novembre 2008 à 09:33
    Réchauffement: mutation climatique profonde et irréversible de l'Arctique

    PARIS (source vérifiée) — "L'Océan Arctique est entré dans une mutation climatique profonde et irréversible": telle est la principale conclusion des travaux du programme européen Damoclès, dont le bilan scientifique a été rendu public mercredi à Paris, à l'occasion de l'escale dans la capitale du voilier polaire Tara.

    La goélette, qui est amarrée au pied du pont Alexandre III jusqu'en janvier 2009, fut le support logistique du programme Damoclès tout au long des 507 jours de sa dérive arctique, de septembre 2006 à janvier 2008.

    Une exposition "Voyage au coeur de la machine climatique", organisée sur le quai d'amarrage de Tara, sera ouverte au public à partir de samedi.

    Fonte totale de la banquise d'été à l'orée 2015

    La première observation -déjà enregistrée par Damoclès en janvier 2008 lorsque Tara acheva sa dérive, puis confirmée en 2008- laisse envisager "une fonte totale de la banquise arctique en été à l'orée des années 2015, alors que les précédents modèles pointaient 2050", a indiqué à l'AFP l'océanographe et directeur de recherches au CNRS Jean-Claude Gascard, coordinateur du programme scientifique réalisé dans le cadre de l'Année Polaire Internationale (API 2007-2008).

    "Les étés 2007 et 2008 ont marqué les deux plus importantes fontes de la banquise depuis le début des observations satellitaires, il y a trente ans. Mais notre grande découverte à bord de Tara fut de constater que plus de 50% de la superficie glacée restante (environ 4 millions de km2 contre 14 millions en hiver) était constituée de +mares de fonte+. En d'autres termes, la banquise d'été est +trouée comme un gruyère+, ce qui précipite le processus de délitement", a ajouté le coordinateur de Damoclès.

    Deuxième observation cardinale: "L'effet de serre n'est plus le seul responsable du réchauffement climatique. Il est désormais secondé, voire dépassé par l'effet Albédo, qui mesure le rapport de l'énergie solaire réfléchie par une surface sur l'énergie solaire incidente", a souligné l'océanographe.

    Explication: "8O% de l'énergie solaire est réfléchie par une surface de glace ou de neige, contre seulement 10% par l'océan. Ainsi, moins il y a de surface gelée pour renvoyer les rayons du soleil, plus la température augmente et se maintient sur et sous la surface en question. L'océan a de la mémoire et le réchauffement provoque... du réchauffement. Ce mécanisme est maintenant durablement enclenché", a assuré Jean-Claude Gascard.

    Selon les nouveaux modèles mis en avant par Damoclès (ce ne sont que des "modèles", soulignent les scientifiques qui restent très prudents), les conséquences d'une fonte totale de la banquise pendant les six mois d'été (elle se reforme l'hiver) seraient multiples.

    La plus préoccupante serait une fonte partielle, mais accélérée, des glaces du Groenland (eau douce) qui pourrait à la fois provoquer une élévation d'un mètre du niveau des océans avant la fin du siècle, mais aussi ralentir la montée des eaux du Gulf Stream, qui réchauffe les côtes et l'atmosphère de l'Europe occidentale.

    Ce dernier phénomène, qualifié de "contre-réaction négative" par l'océanographe, aurait alors, et sur le long terme, la singulière conséquence de provoquer a contrario un sensible refroidissement du climat sur la façade Est de l'Atlantique Nord.

    "Dans ce cas de figure, c'en est fini des mimosas en Bretagne", résume Jean-Claude Gascard.

    Enfin, l'ensemble du scénario pourrait se compliquer avec une fonte accélérée du pergélisol (sol gelé en permanence), notamment en Sibérie, qui pourrait libérer des quantités considérables de méthane (gaz à effet de serre) enfouies et augmenter la production de dioxyde de carbone par processus de biodégradation.

    Source : alerte Google, et source vérifiée par Terre Sacrée.
    2
    Llewellyn Profil de Llewellyn
    Vendredi 23 Janvier 2009 à 10:07
    Dernières nouvelles en provenance du Grand Nord

    La fonte record des glaces du Groenland et le dégazage massif des dépôts de méthane autrefois congelé dans le sous-sol des côtes sibériennes indiquent que des changements importants sont en train de se produire en Arctique, risquant d'amplifier le réchauffement du climat.
    Il y a quelques mois déjà, les scientifiques avaient constaté que les fonds marins de l'Arctique libéraient du méthane dans l'atmosphère, un gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Une nouvelle étude, présentée le 16 décembre 2008 à la conférence de l'Union américaine de géophysique à San Francisco, démontre que les estimations doivent être revues à la hausse.
    « Il y a cinq ans, je n'étais pas certain que le phénomène soit très sérieux, mais à présent je suis sûr que quelque chose de grave est en cours et que nous devrions avertir les gens », s'alarme Igor Semiletov du International Arctic Research Center (IARC, université de l'Alaska, Fairbanks), chef scientifique d'une expédition océanographique le long du littoral sibérien l'été dernier.
    Les analyses de l'eau indiquent des taux de méthane dissous jusqu'à 200 fois supérieurs à la normale, indiquant des dégagements significatifs qui n'avaient pas été mis en évidence durant les années 1990.
    Les scientifiques estiment que la quantité de méthane stocké dans le pergélisol arctique serait supérieure aux réserves mondiales de charbon et représenterait douze fois la quantité actuellement présente dans l'atmosphère.
    Suite au réchauffement climatique, ce méthane se trouve maintenant au seuil de la fonte, et au niveau des côtes de la Sibérie, la température de l'air a augmenté de plus de 5 degrés durant la dernière décennie (ndlr : je me permets d'insister sur ce point, c'est une hausse gigantesque).

    La fonte se poursuit au Groenland

    Les chercheurs ne disposent pas encore de suffisamment de données pour déterminer en quelle proportion cet hydrate de méthane qui s'échappe du plateau continental sibérien peut affecter le reste de la planète, selon Edward Brook, de l'université d'Etat d'Oregon.
    Tout comme en Sibérie, la calotte glaciaire du Groenland se réduit : alors qu'une année moyenne comprend de 10 à 15 jours de températures positives, donc de fonte, cette période s'est élevée à 35 jours en 2008. Les dernières évaluations basées sur des mesures effectuées ont révélé que l'île perd maintenant plusieurs centaines de milliards de tonnes de glace par an.
    Les modèles climatiques prévoient que l'Arctique devrait se réchauffer plus rapidement que le reste du globe, car la disparition de la glace de mer permet au rayonnement solaire de pénétrer les océans, accélérant encore la fonte. Comme déjà dis, certains prévoient une fonte totale de l'arctique en été 2015.

    Relecture Llewellyn.
    Source:
    http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/climatologie-1/d/le-rechauffement-climatique-passe-t-il-a-la-vitesse-superieure_17677/
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    Llewellyn Profil de Llewellyn
    Jeudi 5 Février 2009 à 11:19
    Jeudi 29 janvier

    Les glaciers continuent de fondre dans le monde entier à une vitesse inquiétante. Selon les derniers chiffres du "World Glacier Monitoring Service (WGMS)", installé à l'Université de Zurich, l'épaisseur de la glace a diminué en 2007 de 67 centimètres équivalent-eau (Eq-e), soit près de 74cm en épaisseur de glace. Certains glaciers alpins ont eux perdu près de 2,5m d'épaisseur.

    Les derniers chiffres concernant plus de 80 glaciers confirment la tendance à la fonte constatée depuis près de 30 ans. Au cours de cette période, les glaciers qui ont été observés sur le long terme (30 glaciers dans neuf régions montagneuses du monde) ont perdu près de 11m Eq-e, soit près de 12m de glace. Entre 1980 et 1999, la glace a perdu en moyenne 30cm par an en épaisseur, mais cette valeur est passée à près de 70cm par an après 2000.

    Selon Michael Zemp, glaciologue et collaborateur du WGMS, la perte de glace en 2007 n'a pas été aussi importante qu'en 2006 mais il y a de grosses différences entre les massifs. Les glaciers des Alpes européennes ont perdu en moyenne près de 2,5m Eq-e alors que l'épaisseur de certains glaciers côtiers en Scandinavie a gagné un mètre. Toutefois, 2007 est la sixième année du nouveau siècle au cours de laquelle la perte moyenne des glaciers observés à long terme a dépassé un mètre. La vitesse de fonte a ainsi doublé par rapport aux année 1980 et 1990.

    Dans les Alpes européennes, la perte a atteint 1,8m au Hintereisferner (Autriche) et 2,2m au Sonnblickkess (Autriche), 2,5m au glacier de Sarennes (France) et même 2,8m au glacier de Caresèr (Italie). En Suisse, une perte de 1,3m a été enregistrée au glacier de Silvretta et 1,7m à celui de Gries. En Norvège, quelques glaciers proche de la côte (Nigardsbreen, +1m, et Ålfotbreen, +1,3 m) ont gagné en épaisseur alors que les glaciers de l'intérieur en ont perdu (Hellstugubreen, Gråsubreen: -0,7m).

    En Amérique du Sud, les bilans ont tous été négatifs, de -0,1m au Echaurren Norte (Chili) à -2,2 m au Ritacuba Negro (Colombie). En Amérique du Nord, on note quelques valeurs positives aux North Cascade Mountains et au Juneau Ice Field. Les valeurs ont été négatives pour les glaciers des Kenai Mountains et de l'Alaska Range, ainsi que dans les Coast Mountains du Canada et dans l'Arctique canadien.

    Le "World Glacier Monitoring Service" a été mis sur pied en 1984, sur le modèle du réseau suisse d'observation des glaciers. Il est aujourd'hui responsable de la collecte et du traitement des données du monde entier. Le WGMS, dont le siège se trouve à l'Institut de géographie de l'Université de Zurich, est en rapport avec tous les pays où des glaciers sont observés. Il fournit des données pour l'étude du climat aux organisations internationales intéressées.

    Source : ASSOCIATED PRESS
    http://fr.news.yahoo.com/3/20090129/twl-science-glaciers-fonte-1be00ca.html
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